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A.O.C Appellation d'Origine Chorégraphique

Extrait du communiqué de presse du 2 février 2009, faisant suite à l'enquête menée par AC PACA pendant plus d'un an.

 

[...]

Au départ, une volonté de connaître les fondations économiques, les constructions, les répartitions budgétaires, les réalités chiffrées et contractualisées entre les collectivités et les structures chorégraphiques de la région PACA.

Prendre connaissance des choix politiques des politiques de la région. Faire acte citoyen afin de participer activement à la fabrication et aux évolutions du domaine public à partir de celui de la danse, et pouvoir concrètement ouvrir d’autres perspectives, d’autres possibles pour une politique culturelle riche et diversifiée.

Il s’agit d’une démarche d’observations, de réflexions et d’actions.

Donner à voir – à lire – à comparer – se positionner en citoyen et en artiste.

 

Un état des lieux qui a pour but de provoquer le débat d’idées, de pensées, de convictions, libérer les récits d’expériences, les rêves et les utopies pour un lendemain construit ensemble (état des lieux non exhaustif de par le manque de documents réclamés).

Au moment où l’état parle de « contrôler les budgets publics » et réclame des comptes au citoyen comme aux structures subventionnées, il nous semble nécessaire et légitime, dans un mouvement de réversibilité des principes, de demander des comptes sur l’attribution de l’argent public.

AC c'est donc modestement attelé à la première étape d'une analyse de la politique et des financements publics de la danse, qui étrangement n'a jamais été faite ni par les principaux financeurs, ni par les principaux financés, qui disposent pourtant de presque tous les moyens. À croire que ça ne les intéresse pas. Pour faire un peu dans l'ironie, nous dirons que nous prenons le gouvernement actuel au mot.

À l’heure de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), commençons, avant toute chose, par analyser d'où vient et où va l'argent.

Comment penser « le politique » sans être informé ? Seules des données objectives, hors de toute langue de bois, peuvent nous permettre d’agir et de proposer.

 

Pouvoir être impliqués ensemble dans une politique culturelle ; une politique qui ne pourra être efficacement rêvée et appliquée que si tous les partenaires savent de quel ressort il s’agit.

Seule une transversalité des responsabilités et une écoute mutuelle (allers retours entre décideurs et acteurs) nous sortira de l’impasse économique.

Inventer de nouveaux modes de fonctionnement collatéraux à partir de réflexions communes.

 

Se ré-emparer d’informations éparses, souvent incomplètes, les synthétiser et les médiatiser, les rendre accessibles… Ne pas se laisser avoir par le jeu de la dispersion qui permet à des intérêts (lesquels ?) de mieux régner : décrypter des rouages auxquels les acteurs ne sont souvent pas eux-mêmes conscients de participer. Rendre lisibles et compréhensibles les circulations de l’argent public.

 

Comment évaluer l’action des collectivités à travers ces données ? Quelle transparence ? Quelle expertise ont-elles de leur action ? Quelle corrélation entre dires et actes des collectivités locales en matière d’art chorégraphique ? Quels aspects contractuels définissent ce qu’oblige l’obtention de subventions ?

 

Autrement dit, en quoi réside la mission publique pour chaque parti ? Subventions : instruments OU instrumentalisation ?

Le résultat de notre investigation fait apparaître que plus la somme de subvention allouée est élevée, moins le contrôle de la destination des sommes semble aisée. Mais s’agit-il pour autant de donner pour dicter ? Plutôt accorder la culture du politique (repenser l’évaluation) au présent et à la réalité du terrain.

 

Dans une excellence de la culture requise par le Président Sarkozy et depuis des décennies, ce qui fait sens ici en Paca semblent être les « histoires particulières » qui ont vu naître 2 CCN à moins de 30kms qu’il s’agisse de Roland Petit sous Gaston Deferre et sa décentralisation ou d’Angelin Preljocaj en anti-frontiste dans le Grand Toulon de l’époque.

 

À la lecture des camemberts de la répartition budgétaire, il devient évident que le politique se doit d’être dans une dynamique de rééquilibrage des attributions et de bienveillance pour ne pas exclure le nouveau (les formes étrangères, novatrices, les langages différents, les nouveaux types d’expression) sous prétexte de manque de repaires. Une politique réellement ambitieuse doit cesser de monnayer nos existences au jour le jour sans savoir à quelle pensée nous contribuons. Et cela c’est très important pour les générations actuelles mais aussi à venir.

 

« La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » nous dit sans complexe Mme Parisot, présidente du Medef. La vie est vulnérable. Mais précarité n’est pas vulnérabilité. C’est un construit social et politique. Ne naturalisons pas le statut de précarité, lui répond Jack Ralite.

 

Le contrôle des risques est une chimère, la culture ne peut pas être sécurisée; elle se doit d’être sauvage pour avancer, ou tout au moins rester en vie. Ne pas faire de la précarité, sous l’alibi d’une économie déficiente, la seule réponse ou seul barrage à une culture en souffrance.

Inciter chacun, à travers notre démarche, à se saisir d’outils démocratiques puissants et de facto légitimes, afin de replacer l’action citoyenne au cœur de la vie de la cité.

Évacuer la quête amère d’exister contre l’autre. Se placer pour se positionner et trouver sa juste posture au sein des mouvements politiques et économiques de notre société.

Vous l’aurez compris le but d’AC n’est pas de nous monter les uns contre les autres, mais de se tenir comme des êtres autonomes, ou notre être social détermine notre conscience. Ce travail mené ces derniers mois a révélé (processus graphique d’investigation à l’appui) un paysage économique de la danse sur le territoire où nous sommes. Nous y décelons des consensus politico-économiques ou de nouveaux paris pour une culture de demain, un art chorégraphique d’aujourd’hui mettant en jeux un mode de production de la vie matérielle et artistique. Ce mode de production conditionne le processus de vie sociale, politique et intellectuel dans son ensemble.

 

AC de par sa structuration autodidacte et atypique ne s’inscrit pas dans une norme sociétale actuelle puisque non constituée en association ni même en syndicat. Il s’agirait plutôt d’une coopérative spirituelle (d’esprits) qui ne se bat pas pour des avantages au singulier (chacun le fait très bien sans l’aide de l’autre) mais contre une nappe d’incompréhension et de silence du monde chorégraphique en général. Dans les effets des crises successives des politiques économiques et des politiques culturelles, le travail d’enquête que mène AC fait apparaître nettement une perpétuation des avantages de quelques « ensorcelés de la grandeur » où il s’agirait de ne pas tout révéler de peur de perdre les privilèges. Cette politique économique de distribution concentrée sur quelques pôles d’excellences et la politique de réglementation budgétaire dans le domaine chorégraphique n’aura pas été pour rien dans le gonflement des diverses bulles. Moyennant quoi des centaines d’artistes auront ou pourront finalement « accéder » à la rue – admirable réussite, vraiment.

 

On ne perdra donc pas ici une minute à attendre ni le bon vouloir des pouvoirs publics, des politiques budgétaires, et des entreprises culturelles gonflées et dopées à l’EPO, ni leur conversion mentale. Cette crise financière est d’une ampleur qui peut et doit produire un changement dans la façon de penser l’organisation et les financements de la culture tant sur un niveau national que régional (nous mettons volontairement à part la dimension internationale). Les défenseurs de l’ordre ancien n’ont donc pas encore saisi que celui-ci a failli et qu’il faut en faire surgir un autre. Il y a de nouvelles évidences qui détruisent les anciennes, même si ses défenseurs les pensent évidemment indépassables, car il y a urgence, et eux sont des retardataires.

Acteurices Chorégraphiques en région Provence-Alpes-Côte d'Azur 2007 - 2026
acpaca.org

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